Réduire le bruit dans un open space ne se résume pas à ajouter quelques panneaux ou une cabine en fin de projet. Dans la plupart des cas, le confort acoustique se joue bien plus tôt : au moment où l’on décide de la densité, des flux, des zones calmes, des zones collaboratives et des surfaces à traiter.
Autrement dit, l’aménagement acoustique d’un open space n’est pas un sujet décoratif. C’est un sujet d’usage, de performance et de qualité d’exploitation. Bien traité, il améliore la concentration, fluidifie la collaboration et évite que les salles de réunion ou les zones de passage absorbent des fonctions qui devraient être mieux réparties dans l’espace.
Réduire le bruit en open space : ça se traite en amont du projet
Le premier réflexe est souvent de chercher “la bonne solution acoustique”.
En réalité, le bon point de départ est ailleurs : quel type d’activités doivent cohabiter sur le plateau ?
Un open space devient difficile à vivre quand il mélange sans hiérarchie :
- travail concentré
- appels
- visios
- échanges rapides
- circulation
- zones de pause
- réunions informelles
C’est exactement pour cela qu’un aménagement de bureaux professionnels bien conçu traite l’acoustique dès la phase de plan, et pas une fois que le bruit est déjà installé.
Normes ISO bruit bureau : quels repères faut-il vraiment connaître ?
Quand on parle de normes acoustiques en open space, la référence la plus importante aujourd’hui est la NF ISO 22955. Elle propose des recommandations pour la qualité acoustique des bureaux ouverts, en tenant compte des usages réels et de la gêne liée à la parole.
Cette norme s’intéresse notamment :
- au niveau de bruit ambiant
- au temps de réverbération
- à l’isolement entre zones d’activité
- à la décroissance spatiale de la parole
- à la manière dont l’aménagement peut limiter les interférences entre locuteurs
Il faut aussi garder en tête la NF S31-080, qui reste utile pour les bureaux individuels ou collectifs au sens large, ainsi que les normes de mesurage des paramètres acoustiques des bureaux ouverts comme NF EN ISO 3382-3.
Le point important n’est pas d’empiler les sigles.
Le point important est de comprendre ce qu’ils impliquent : un open space performant ne se juge pas seulement au niveau sonore moyen, mais à sa capacité à éviter que la parole devienne une nuisance permanente.
Pour aller plus loin sur ce sujet, ce contenu s’inscrit naturellement dans une réflexion plus large sur les espaces de travail nouvelle génération.
Étude acoustique : quand est-ce qu’elle est nécessaire ?
Toutes les entreprises n’ont pas besoin d’une étude acoustique complète avant d’ajouter quelques séparateurs. En revanche, elle devient très utile dès que le projet dépasse la simple correction légère.
Une étude acoustique est pertinente quand :
- le plateau accueille plusieurs activités très différentes
- le bruit est déjà une plainte récurrente
- l’entreprise veut réaménager sans se tromper de levier
- la confidentialité devient un sujet
- le coût d’un mauvais choix serait important
En pratique, elle devient particulièrement utile si vous hésitez entre :
- traiter les surfaces
- revoir le zoning
- intégrer des cabines
- cloisonner certaines zones
Surfaces absorbantes : sol, mur, plafond
C’est souvent le cœur du sujet.
Dans un open space, le bruit se propage et se réfléchit sur les grandes surfaces dures. Le traitement des surfaces absorbantes est donc la base de tout projet sérieux.
Le plafond
Le plafond est souvent la première surface à traiter. C’est l’un des leviers les plus efficaces pour réduire la réverbération globale.
Les murs
Les murs peuvent compléter le plafond, surtout dans les zones de circulation, les espaces de réunion, les accueils ou les zones collaboratives. Ils servent à réduire les réflexions latérales et à améliorer l’intelligibilité.
Le sol
Le sol n’est pas le levier le plus puissant à lui seul, mais il contribue à l’équilibre global, surtout si l’espace est très minéral. Dans un projet d’open space, il faut donc raisonner les surfaces absorbantes comme un ensemble : plafond d’abord, puis murs, puis sol selon le contexte.
L’alcôve : une solution design et acoustique idéale
L’alcôve est intéressante parce qu’elle répond à un besoin que le plateau ne gère pas bien seul : créer une zone de retrait partielle, identifiable et confortable, sans construire une salle en dur.
Une alcôve bien choisie permet :
- de contenir une partie des échanges
- de créer un espace informel plus calme
- de réduire certaines perturbations de parole
- de structurer l’espace sans le fermer complètement
Elle est particulièrement utile dans :
- les zones lounge
- les work cafés
- les espaces collaboratifs intermédiaires
- les accueils
- les zones de discussion courte
Son intérêt est double : acoustique et spatial.
Elle ne remplace pas une cabine acoustique quand il faut un vrai isolement, mais elle fait souvent beaucoup mieux qu’un simple canapé en milieu ouvert. C’est pour cela qu’elle s’inscrit naturellement dans une logique de mobilier acoustique et de productivité.
Cloisons classiques vs cabines acoustiques : avantages et différence de prix
C’est un arbitrage fréquent dans les projets d’open space.
La cloison classique
Elle sert surtout à :
- structurer
- délimiter
- filtrer partiellement le bruit
- protéger visuellement
- organiser les flux
Son principal avantage est le coût souvent plus accessible.
La cabine acoustique
Elle crée un vrai espace de retrait pour :
- téléphoner
- faire une visio
- s’isoler
- tenir une réunion courte
Elle coûte plus cher à l’unité, avec des premiers prix visibles autour de 4 990 € HT pour une 1 place et des montées rapides pour les formats plus grands.
Le bon arbitrage
La cloison organise l’espace.
La cabine retire un usage du plateau.
Le bon choix dépend donc moins du produit que du problème :
- si vous manquez de séparation, la cloison peut suffire
- si vous manquez d’espaces de retrait, la cabine est souvent plus pertinente
Une méthode concrète pour aménager un open space plus calme
Voici le cadre le plus utile en pratique.
1. Identifier les usages incompatibles
Commencez par repérer ce qui cohabite mal :
- travail concentré
- appels
- réunions courtes
- circulation
- pause
- accueil
2. Répartir les zones avant de choisir les objets
Un bon zoning vaut souvent mieux qu’un empilement de solutions.
Le bruit se réduit d’abord par la distance, la hiérarchie des espaces et la logique d’implantation.
3. Traiter les grandes surfaces
Plafond, murs, cloisons, puis éventuellement sol.
C’est la base du confort acoustique.
4. Ajouter les bons objets au bon endroit
Selon le besoin :
- alcôve pour un retrait partiel
- cloison pour structurer
- cabine pour isoler
- mobilier acoustique pour contenir certains usages
5. Vérifier si une étude acoustique devient nécessaire
Dès que le projet est dense, multi-usages ou coûteux, mieux vaut confirmer les choix plutôt que corriger après coup.
Quand faire appel à un accompagnement externe ?
Un open space peut sembler simple à corriger.
En réalité, la difficulté n’est pas de choisir un panneau ou une cabine. La difficulté est de traiter la bonne cause.
Un accompagnement externe permet de :
- poser le bon diagnostic
- éviter les solutions trop faibles ou trop lourdes
- articuler acoustique, flux et mobilier
- sécuriser la prescription
- intégrer le sujet dans l’ensemble du projet
C’est particulièrement utile quand il faut concilier confort sonore, flexibilité, esthétique de bureau et contraintes de circulation. Dans ce cas, le prolongement naturel est soit l’accompagnement sur l’aménagement de bureaux professionnels, soit la lecture des références en aménagement professionnel de Studio Paname, soit un travail plus spécifique avec les architectes et prescripteurs.
Conclusion
L’aménagement acoustique d’un open space ne se résume pas à ajouter des objets absorbants. Il commence par une décision de projet : quels usages doivent cohabiter, à quelle densité, avec quel niveau de confort sonore ?
Les normes comme la NF ISO 22955 donnent un cadre utile. Les surfaces absorbantes, les alcôves, les cloisons et les cabines apportent ensuite des réponses concrètes. Mais leur efficacité dépend toujours du bon ordre de décision : d’abord les usages, puis le zoning, puis les surfaces, puis les objets.
C’est à cette condition qu’un open space devient plus calme, plus lisible et plus performant. Pas seulement plus équipé.
FAQ
Comment réduire le bruit dans un open space ?
Le plus efficace est d’agir en amont : zoning des usages, densité adaptée, traitement du plafond et des murs, éloignement des sources bruyantes et ajout d’espaces de retrait adaptés.
Quelle norme ISO concerne l’acoustique des open spaces ?
La référence principale est la NF ISO 22955. Elle propose des recommandations sur le bruit ambiant, la réverbération, l’isolement entre zones d’activité et la propagation de la parole dans les bureaux ouverts.
Quand faut-il faire une étude acoustique pour un open space ?
Elle devient pertinente quand le projet est dense, multi-usages, déjà conflictuel sur le plan sonore, ou quand il faut arbitrer entre plusieurs solutions lourdes ou coûteuses.
Quelles surfaces faut-il traiter en priorité ?
Le plafond est généralement la priorité, puis les murs et les cloisons. Le sol peut compléter l’ensemble, mais il n’est pas le premier levier dans la plupart des open spaces.
Cloison ou cabine acoustique : que choisir ?
La cloison sert surtout à structurer et filtrer. La cabine sert à créer un vrai espace de retrait pour appels, visios ou réunions courtes. Le bon choix dépend donc du problème à résoudre dans le plateau.